La Recherche Médicale

Il existe actuellement plusieurs pistes de recherche pour soigner la Rétinopathie Pigmentaire, ainsi que d’autres affections de la rétine telles que la Dégénérescence Maculaire Liée à l’Âge.

La plus récente concerne la rétine artificielle. Bien qu’étant la voie de recherche la plus récente, c’est aussi l’une des plus prometteuse. Cette technique serait une alternative à la greffe de rétine, qui ne présente pas pour l’heure de résultats probants. L’opération consisterait donc en la pose d’une rétine artificielle, comme un micro-processeur, sous la rétine. Cette rétine artificielle jouerait le rôle des photorécepteurs. Une caméra intégrée à la structure des lunettes du patient permettrait de capter l’image, l’envoyer par signal infrarouge à la rétine artificielle qui se chargerait ensuite de traiter l’image et l’envoyer au cerveau via le circuit nerveux classique. Des premiers essais ont été menés sur cinq patient, et présentent des résultats encourageants. La recherche sur la rétine artificielle se concentre donc sur la possibilité d’augmenter le nombre de capteurs présentes dans la caméra afin de capter une image plus nette.

La Rétinopathie Pigmentaire étant une maladie génétique, une large part de la recherche se concentre sur la thérapie génique. Cette technique consiste en l’introduction d’un gêne « sain » au moyen d’un vecteur, viral ou non, afin de corriger ou de supprimer l’allèle défectueux du patient, responsable de la maladie. Beaucoup d’espoirs reposent sur la thérapie génique pour le traitement de la plupart des maladies génétiques. En France, le programme France Médecine Génomique se concentre sur la recherche génétique à grande échelle.

Les cellules souches sont également une voie de traitement prometteuse. Introduites chez les patients malades elles permettent une véritable reconstruction cellulaire. La difficulté majeure du traitement par cellule souche était de trouver suffisamment de cellules embryonnaires afin de traiter certaines maladies à l’échelle mondiale. Mais cet obstacle a été surmonté très récemment par une équipe de chercheurs internationaux qui a permis de synthétiser et de reproduire des cellules souches à base de cellules de peau de sujets adultes. Ainsi, il serait bientôt possible de synthétiser des cellules souches à grande échelle pour l’élaboration de traitements cliniques.

Enfin le Professeur Sahel, directeur de l’Institut de la Vision à Paris, et son équipe ont découvert que lorsque les bâtonnets de la rétine étaient détruits, ils cessaient de libérer une protéine qui permettait de protéger les cônes. Par voie de conséquence, les cônes était eux aussi touchés par la maladie. Cette équipe a réussi développer une approche thérapeutique qui consiste en la ré introduction de cette protéine chez le patient (qu’on appelle « facteur de survie des cônes ») par thérapie génique afin que ses cônes continuent de recevoir cette molécule et donc d’assurer leur survie. Cette thérapie pourrait être utilisée cliniquement dans les années à venir.

Pour plus d’explications, retrouvez le podcast de l’émission Matières à penser, diffusée le 20 juillet 2019 sur France Culture. Le Professeur Serge Picaud, directeur adjoint de l’Institut de la Vision, revient sur les différentes voies de traitement en cours de recherche, et notamment la rétine artificielle :

https://www.franceculture.fr/emissions/matieres-a-penser/la-retine-artificielle